LA CONQUÊTE DE LA REPOUSSE ET DE L’ÉPOUVANTE – le premier voyage du Curé Labelle

LE PREMIER VOYAGE DU CURÉ LABELLE – NOVEMBRE 1870

C’est à l’automne de 1870, vers le milieu de novembre, que le curé décida d’en avoir le coeur net et de venir y voir de près si son rêve avait du sens. Il avait été précédé d’éclaireurs qu’il avait lui-même envoyés.

«On était à l’automne de 1869. M. l’abbé Jodoin, alors vicaire à St-Jérôme, véritable bras droit du Curé, MM. Guy Laviolette, Charles de Montigny, W. Scott fils et Bohémier formèrent un parti d’explorateurs… » (Buies) Le groupe produisit un rapport favorable qui conduit l’Assemblée législative à voter une somme d’argent pour ouvrir le Canton de Wolfe à la colonisation. C’est, semble-t-il au printemps de 1870 que des hommes furent envoyés pour travailler à l’ouverture d’un premier chemin.

Cette piste, empruntée par Labelle, n’était même pas complétée qu’il s’y engagea. Arthur Buies nous dit que « …les travailleurs en étaient encore à essayer d’ouvrir un chemin sur le versant ouest de l’Épouvante» . Ceux là même qui l’avaient construite en avaient si mauvaise opinion qu’ils émettaient largement contribuant ainsi à rebuter et faire peur aux éventuels colons!

Voici comment le Curé vécut l’expédition. «On était au mois de novembre. Il fallut gravir la Repousse dans la boue jusqu’au genoux, puis descendre jusqu’au Lac au Poil et monter ensuite jusqu’au sommet de l’Épouvante. «J’étais haletant et ruisselant de sueurs, écrivait à ce sujet le curé. Mon compagnon de voyage était éperdu en contemplant mon pénible état et il pensait que j’allais mourir et il voulait, à tout prix rebrousser chemin. Je décidai que nous devions aller jusqu’au bout, mettre le pied sur la crête de l’Épouvante ou mourir. Je parvins au bout de mes désirs et j’en fus récompensé par le spectacle; du bassin de la «Rivière du Diable» de la montagne Tremblante et des rangs de montagnes qui couraient au loin du nord au sud … » » .

LE MYSTÈRE DE LA REPOUSSE

Cette description est on en peut plus précise et heurte de front ceux qui prétendent que la Repousse se situe par exemple à l’entrée de Valdurn. La Repousse n’est pas loin de ce chemin qui passe entre les lacs Rougeaud et Cornu, telle qu’on les nomme aujourd’hui. Labelle nous le dit. C’est près de là que se terminait le chemin public.

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Il ne saurait être question d’imaginer aussi que la Repousse puisse être au nord du Lac à Cailles. En effet, de l’autre côté de cette montagne nulle trace du Lac au Poil (de la Ripousse, aujourd’hui). On est dans la vallée du Lac Colibri qui, soit dit en passant n’est pas un « lac », mais bien un étang artificiel, classé comme tel, et créé de toutes pièces, après les années 1950. Les cartes, même récentes, en témoignent.

Serait-ce la montagne à l’ouest du Lac à Cailles cependant? Plusieurs y situent d’ailleurs là le chemin de la Repousse et même celui de son contournement. C’est possible d’autant plus que nous ne sommes pas loin du chemin public dont a parlé le Curé. Il y a aussi et évidemment cette montagne au sud du Lac au Poil.

Mais au fait que nous dit Buies de ces chemins de contournement?

Buies nous dit d’abord que le chemin emprunté par Labelle a été rapidement abandonné. «On ne passe plus aujourd’hui par cette route qui a été déclarée impraticable. Il a été fait un autre chemin par lequel on évite l’Épouvante mais il y en a un nouveau en voie d’exécution qui permettra de contourner la Repousse elle-même et qui fera disparaître quatre à cinq milles d’une route affreuse. La nouvelle voie a été explorée et M. Joseph Bureau en a fait le tracé durant l’automne de 1881.»

Nous devons donc chercher à trouver, à localiser trois chemins.

Le premier de ces chemins, c’est celui emprunté à l’automne 1870 par le Curé, abandonné aussitôt. Ce chemin inclut à la fois la Repousse et l’Épouvante, montagnes se situant de part et d’autre du Lac au Poil. Du moins, c’est ce qu’en dit Labelle rapporté par Buies.

Le second, nous l’appellerons le premier chemin de contournement. Il permet d’éviter l’Épouvante dont nous ne connaissons d’ailleurs pas la localisation. Il est postérieur à 1869 mais antérieur aux années 1880.

Le troisième chemin, c’est ce chemin postérieur à 1880 qui, lui, semble contourner tout, Repousse et l’Épouvante.

La liste des recherchés s’alourdit. Il nous manque deux montagnes, l’Épouvante et la Repousse, de même que trois chemins.