Valdurn : sa raison d’être


Un peu d’histoire

En 1871, aux premiers jours de la colonisation des Laurentides,
au moment même où le chanoine Maxime Leblanc de Sainte-Agathe donne naissance à la mission de La Repousse (qui devait devenir le 15 février 1879 la mission de St-Faustin), la famille Durnford de Montréal s’installe sur un immense domaine.

C’est ce domaine qui devint, avec les années et quelques acquisitions faites par les descendants du Capitaine Philip Durnford, le Domaine de la Vallée Durnford aujourd’hui Valdurn.

À cette famille ont toujours été associés d’abord les pionniers de St-Faustin et ensuite leurs descendants. Le premier, Damase Chaloux, a construit de ses mains la première maison de bois rond des Durnford. Damase devint le gardien du domaine suivi d’Edmond son fils, remplacé par Joseph Perrault et Willie Brazeau. Ces gens on marqué Valdurn au point que les principales routes intérieures portent leur nom.

Cent ans après l’implantation des Durnford, les descendants de la famille, habitant la Colombie Britanique, (mais toujours présents à Valdurn) décidèrent de passer la main.

C’est toutefois avec le souci de la continuité et de la préservation du patrimoine qu’ils décidèrent de le faire en imposant des conditions contraignantes.

Les Durnford vendirent le domaine à la corporation  » Les immeubles Valdurn Limitée  » avec mandat d’ouvrir le Domaine à l’habitation mais de façon restreinte. Voir nos pages sur l’histoire de Valdurn et de la région.

Le Valdurn d’aujourd’hui : le développement durable

Valdurn, au début des années 70, constituait un des rares coins des Laurentides totalement préservé et conservé à l’état naturel. C’était de fait un sanctuaire écologique privé qu’il fallait d’abord et avant tout maintenir tel quel. Voilà pourquoi, un plan d’aménagement intérieur du Domaine fut d’abord préparé par la direction de la corporation et William Bastin, leur gestionnaire.

On y détermina tout d’abord que la densité de ses habitants serait limitée et seul un nombre restreint d’habitations pourraient y être éventuellement construites. On y applique donc depuis plus de 25 ans des règles d’implantation très strictes, excédant largement les règles municipales ou provinciales. La philosophie d’implantation de Valdurn s’appuie sur ce que l’on désigne maintenant par le développement durable.

Le développement durable ou éco-développement est la réalisation du développement économique et social continu sans porter préjudice à l’environnement et aux ressources naturelles. On admet aujourd’hui que la qualité du développement et de l’activité humaine du futur repose sur le maintien de cet équilibre. L’objectif du développement durable suppose la priorité de l’écologie sur l’économie.

Ainsi aucune habitation ne doit être construite à moins de 75 pieds des berges d’un lac et de la ligne de propriété, le nombre de bâtiments par terrain est aussi limité. La plupart des terrains ont deux âcres et plus de surface. Ils ne peuvent être subdivisés. Aucune activité commerciale n’est permise à Valdurn, hormis bien sûr le travail à domicile.

Les 26 kilomètres de routes de Valdurn ont été construits conformément aux normes en vigueur à l’époque sur un terrain appartenant à l’ensemble de la communauté. Ce sont des chemins municipaux de propriété privée, ouverts au public. Ils ont été conçus avec le souci de préserver la nature et l’environnement. Pour ce faire, il est recherché de maintenir au minimum la densité de la circulation.

C’est là une condition fondamentale dans le développement d’un territoire qui respecte les conditions du développement durable. La propriété même de la route est la seule garantie formelle qui, à ce jour, assure à la communauté de Valdurn que les objectifs qu’elle poursuit pourront être maintenus et préservés. Cette propriété exclusive des routes garantit qu’elles ne seront pas éventuellement reliées à d’autres routes à plus fortes circulation, en en devenant des tronçons. Elle permet de régir l’affichage, l’éclairage, le déboisement, l’usage des matériaux, l’importance, la nature et la vitesse de la circulation automobile. Tous ces éléments sont cruciaux dans la poursuite d’une politique de développement restreint du territoire.

L’entretien des chemins de Valdurn fait l’objet d’un litige qui date de plus de 30 ans avec la municipalité qui se refuse à les entretenir ou à contribuer significativement à leur entretien. Les Valdurnois en assument les coûts et considèrent cette situation injuste et inéquitable, étant victimes de l’équivalent d’une double taxation.

Cerf de Virginie - Photo de Louis Gagnon-Primé au concours du magazine Franc-Vert (1995)Des règles spécifiques visent à protéger l’environnement. Elles sont consignées dans une entente que doivent signer tous les propriétaires, entente se transformant en servitude. Les arbres doivent être préservés, la construction de piscines y est prohibée, l’éclairage limité, les engrais chimiques bannis etc… Durant la période de chasse, l’ensemble du territoire de Valdurn est soumis à un gardiennage plus intensif de sorte qu’aucune personne ne puisse pénétrer sur ce teritoire privé en vue de chasser.

Tous les véhicules motorisés, autres que les automobiles et camions y venant par affaires, sont exclus du territoires de Valdurn. Ceci comprend entre autres les quads (« quatres roues »), les motocyclettes, les motoneiges. Enfin, les Valdurnois sont soucieux du contrôle du bruit, c’est ainsi que l’usage de certains appareils est prohibé le dimanche. On peut penser alors aux tondeuses, scies mécaniques etc.

Un environnement intact

Valdurn englobe en tout sept lacs ou parties de lacs. Ceux-ci sont protégés au maximum. Leurs berges sont totalement maintenues dans un état naturel. On ne retrouve pas à Valdurn de terrains gazonnés se rendant au lac où on déverse des engrais et des herbicides impunément. Nos berges sont sauvages. On y voit des familles de canards, des loutres etc…

Cinq de ces lacs sont totalement inclus dans le Domaine dont trois peuvent être effectivement exploitables au niveau de la pêche. Celle-ci est réservée aux propriétaires qui s’assurent, à leurs frais seuls, de leur réensemencement. On y retrouve de la truite grise (touladi), de la mouchetée, de l’arc en ciel, de l’achigan et de nombreuses autres petites espèces. La qualité de l’eau de tous ces lacs est exceptionnelle. Quant au lac Cornu, il est le préféré des amateurs de voile. Bien entendu, les bateaux à moteurs et les motos marines sont exclus de nos lacs.

De plus, un vaste territoire de 20 acres, constituant une des plus importante héronnière des Laurentides, est totalement protégé de toutes interventions humaines et constitué en parc privé (parc William Stewart). Cet endroit est très recherché des ornithologues.

Toutes les résidences ont des systèmes sanitaires respectant toutes les règles en vigueur. À tous les deux ans, sur une base rotatoire, les fosses septiques sont vidées par et sous le contrôle de l’Association des propriétaires. Plusieurs propriétés s’approvisionnent en eau directement des lacs.

Les déchets domestiques sont concentrés en un seul endroit. Les résidents les placent dans des bacs ou des bennes dont plusieurs sont destinés au recyclage. La concentration des déchets en un seul endroit réduit le nombre de bacs et de bennes, diminue les coûts de ramassage, restreint la circulation interne des gros véhicules et limite les dégâts dus aux animaux. Cette façon de faire a été établie par consensus avec les autorités publiques. La récupération des ordures est, à toutes fins utiles, le seul service municipal direct rendu aux Valdurnois.


Plus de dix sept (17) kilomètres de sentiers ont été aménagés avec soin pour permettre la marche en forêt, le ski de fond, la raquette etc. Chaque année, à l’automne, ils sont objet de travaux communautaire. Les Valdurnois y croisent, à l’occasion, leurs voisins immédiats des lacs contigus dont le voisinage est apprécié, respectueux qu’ils sont des règles que s’imposent les Valdurnois et de leurs propriétés. Certains de ses sentiers datent de la période amérindienne.

Geai bleu du CanadaLa forêt de Valdurn comprend à peu toutes les espèces d’animaux et d’oiseaux que l’on puisse retrouver dans la forêt mixte du Québec : chevreuils (Cerf de Virginie) et orignaux sont à surveiller. Les cerfs de Virginie sont si nombreux qu’il faut, au lever et coucher du soleil, faire attention sur les routes intérieures. Raison de plus pour respecter les limites de vitesse. Les gélinottes huppées, les lièvres, les renards sont vus couramment.

Le Domaine, quoique privé, accueille de nombreux invités et est ouvert à une exploitation contrôlée de certains de ses aménagements et locaux par des organismes comme les associations d’ornithologues ou d’observation des animaux, les clubs de mycologues etc. Il ne suffit que de se manifester.

Sa démographie

Environ 100 résidences ont été construites sur le territoire de Valdurn. Toutes donnent sur un lac. Moins de 10 constituent à ce jour des résidences principales. Ce sont toutes des résidences de qualité qui sont bien entretenues.

La population de Valdurn est d’environ 275 habitants. Toutefois, nombre de propriétaires prévoient, d’ici à quelques années y aménager de façon permanente. La majorité des propriétaires sont de langue maternelle anglaise mais près de 80% des Valdurnois parlent français. Valdurn attire les Québécois qui constituent près de 75% des propriétaires mais les Valdurnois viennent aussi de l’Ontario, de la Colombie Britanique, du Royaume Uni, des Etats Unis d’Amérique etc…

Toponymie

La toponymie du territoire s’inspire du passé et tire ses racines dans l’histoire.

La Baie de Madame fait allusion à l’épouse d’Augustus Durnford que Damase Chaloux ne se décidait pas à appeler de son prénom  » Oneida « .

Alors que les Chaloux donnèrent leur nom à une des routes principales, Oneida Galt (fille d’un des Pères de la Confédération) réussit à laisser son nom à un petit lac et à un chemin d’accès.

Willie Brazeau, gardien de 1927 à 1972, laissa son nom à une autre route intérieure tout comme William Bastin.

Damase Chaloux

La communauté valdurnoise et sa contribution à la région

Wille et Marie-Ange BrazeauLes Valdurnois sont fiers d’appartenir à leur communauté immédiate et partagent de bons moments entre eux plusieurs fois par année alors qu’ils se rencontrent à la maison et à la grange des Chaloux qu’ils préservent comme patrimoine commun. Cette maison fut habitée par Willie et Marie-Ange Brazeau jusqu’en 1977. La vie à Valdurn est marquée par le calme, le bon voisinage et le respect mutuel.

L’Association des propriétaires et sa direction cimentent la communauté qui vit et prospère largement par le bénévolat et la coopération entre propriétaires. Les Valdurnois sont aussi des Faustinois et ils en sont fiers. St-Faustin – Lac carré constitue le premier village d’appartenance de ceux qui vivent à Valdurn.

Nombre de Valdurnois décrivent leur coin comme un  » petit paradis « . Cet endroit est unique et extrêmement recherché. Il le deviendra de plus en plus de par l’accroissement de la demande de propriétés dans la région de Mont-Tremblant qui atteindra plus de 6 millions de visiteurs annuels au cours des prochaines années. Notons aussi que Valdurn a presque atteint le terme de son potentiel de développement. Il en résulte que la valeur des propriétés est généralement supérieure d’environ 30% par rapport à des propriétés semblables situées en d’autres lieux des Laurentides. La raison principale de cette valeur accrue repose précisément sur le caractère unique de son environnement. Cette valeur ne saura que croître. Le développement durable a aussi ses avantages économiques et la municipalité réalise bien l’importance de Valdurn et de sa plus value alors que Valdurn, avec moins de 10% de la population, apporte près de 20% de la taxation générale et ne coûte à peu près rien.

Conclusion

Par ce site, les Valdurnois ont voulu témoigner de leur belle aventure et en convaincre d’autres, en des lieux différents, de s’engager dans la même direction. Ils ont voulu prouver que l’on peut aménager sensément un territoire tout en laissant à la nature sa place, toute sa place. Ils ne sont pas les seuls à y croire. Les premiers qu’ils veulent convaincre sont certes leurs concitoyens immédiats, ceux de la région. Plusieurs ignorent souvent les objectifs que nous poursuivons et le modèle que Valdurn met de l’avant. Il faut, sans cesse, faire le nécessaire pour que ces perceptions changent.

Ce sont donc les mesures prises et maintenues dès ses origines et depuis les années soixante-dix qui ont fait de Valdurn ce qu’il est : un grand succès et un modèle d’aménagement de territoire. Ces mesures n’auraient pas pu s’implanter sans les efforts personnels et financiers de Valdurnois qui non seulement ont investi dans leur communauté mais ont aussi sacrifié d’importants profits pour protéger leurs idéaux. Mais avant tout, c’est la conviction et la passion des Valdurnois, unis derrière une même vision du développement durable qui explique cette réussite.

30 décembre 2000, révision janvier 2009